D’accord, le CV est bien plus important que la lettre de motivation, mais la négliger, c’est donner moins de chance à votre candidature de se démarquer. Et surtout, mal tournée, elle peut être un obstacle à l’embauche. Six recruteurs vous disent tout sur le véritable poids d’une lettre de motivation.

  • Quand la lettre de motivation est-elle lue ?

À l’heure des candidatures par internet, la lettre de motivation est-elle encore utile aux yeux des recruteurs ? Oui bien sûr. Bien que avant, on lisait la lettre de motivation puis éventuellement le CV. Aujourd’hui, c’est l’inverse. Certains recruteurs la lisent systématiquement une fois la première sélection sur CV opérée. Ça permet de valider, ou non, le premier choix. La lettre de motivation permet d’affiner la candidature.

  • L’envoi d’un CV sans lettre de motivation

Et que se passe-t-il quand un candidat n’envoie que son CV. Il n’y a pas de réponse unique. Régina Makoso, chef de service dans un centre d’ingénierie nucléaire pour lequel elle embauche des ingénieurs, va « quand même regarder le CV » si celui-ci n’est pas accompagné d’une lettre de motivation. « Celle-ci apporte un plus indéniable. Mais comme nos postes à pourvoir sont foncièrement techniques, je m’intéresse surtout à la formation et aux expériences. »

Pour certains métiers de la banque, la lettre de motivation est vivement recommandée. S’il n’y en a pas, on peut la réclamer. Fabien Mbiza, Consultant en recrutement des cadres considère, quant à lui, qu’elle n’est pas indispensable, d’autant plus qu’avec la multiplication des sites web offrant des lettres-type, la plupart des missives qu’il reçoit se ressemblent toutes. Il apporte toutefois un bémol « quand le parcours ne parle pas de lui-même ». Notamment pour les jeunes diplômés et les juniors. Pour ces profils, la lettre de motivation retrouve en effet sa raison d’être car elle permet « d’argumenter le parcours et le projet professionnel en ciblant le poste visé ».

  • Les cas où elle est déterminante

Tout dépend le secteur et le niveau de concurrence sur le marché de l’emploi. Dans la filière informatique, frappée par une pénurie récurrente de professionnels, on ne se paye pas vraiment le luxe d’écrémer les candidatures. À moins d’un texte loufoque ou bourré d’énormes fautes d’orthographe, on ne considère pas la lettre de motivation comme un critère déterminant.

En revanche, sur des postes où la concurrence est rude, lorsque les recruteurs reçoivent pléthore de candidatures les lettres sont regardées plus attentivement. Elles peuvent apporter un vrai plus si elle tape dans l’œil de celui qui la lit. Dans le doute, mieux vaut donc soigner sa missive. Un candidat ne sait pas d’avance à quel recruteur il va avoir affaire.

  • Ce que les recruteurs cherchent dans une lettre de motivation

La lettre de motivation doit mettre en avant le parcours du candidat, ses compétences et son adéquation avec le poste. Pour autant, il ne faut pas écrire ce qu’on pense que le recruteur voudrait lire. Il vaut mieux être sincère. On attend aussi de l’authenticité. La lettre doit être personnalisée et expliquer pourquoi le candidat choisit notre entreprise en montrant qu’il s’est renseigné sur nos métiers et nos spécificités.

A contrario, ils subsistent des éléments que les recruteurs ne souhaitent pas retrouver dans les lettres de motivation. Selon les postes, les fautes d’orthographe sont plus ou moins rédhibitoires. Pour cet aspect, les recruteurs seront plus tolérants avec un informaticien qu’avec un communiquant. Les professionnels RH n’apprécient pas non plus les stéréotypes. « Les phrases comme « votre entreprise est leader sur son marché », c’est lu et relu. Ces formules toutes faites n’apportent rien. Elles sont vraiment à proscrire.

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